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L’art de produire des phénomènes
insolites, paraissant en contradiction avec les lois naturelles, fut pratiqué
depuis l’aube de l’humanité. De nombreux bibelots de la préhistoire
attestent déjà l’existence de sorciers et de magiciens dont on peut penser
que leurs méthodes relevaient en grande partie
du domaine de l’illusionnisme.
Les plus anciens textes comportent des descriptions de véritables
tours d’illusionnisme dont certains sont encore pratiqués
de nos jours. Ainsi trouvons-nous dans la Bible la lutte des
magiciens du pharaon contre les miracles de Moïse (Exode).
On a aussi retrouvé des dispositifs de trucages dans les temples
d’Egypte. Jemès et Membrès, qui étaient les magiciens officiels
du pharaon, étaient chargés d’en imposer au peuple. Ainsi
investis d’un pouvoir surnaturel, les magiciens étaient des
dieux vivants que le peuple vénérait et respectait.
Les temps ont-ils changé ?
Pas vraiment, car il y a quelques années, un certain Uri Geller a mobilisé
le monde entier en se faisant passer pour être surnaturel. Le fait est
que lorsqu’un miracle truqué, c’est-à-dire un simple tour de prestidigitation,
est présenté à la perfection en créant une illusion complète, tout le
monde se laisse berner, que ce soit au temps des Egyptiens ou au XXIème
siècle.
Les professionnels ambulants de
l’illusionnisme furent aussi bien connus dans l’Antiquité grecque et
latine, où le jeu des gobelets était des plus répandus. Dans une lettre
du rhéteur grec Alciphron (200 ans après J.C.), on en trouve une description
très détaillée. Les Romains appelaient Praestigiatores (du latin
praestigium = prestige) les illusionnistes professionnels. Les joueurs
de gobelets étaient plus particulièrement dénommés « Acetabulari »
nom dérivé de « acetabulum », petites coupes destinées à recevoir
des condiments.
Des documents écrits existent pour les siècles suivants, mais
les premiers traités d’illusionnisme n’apparaissent qu’à la
fin du XVIIème siècle (le taité d’Ozanam date de 1694). Il
est cependant vraisemblable que les techniques de l’illusionnisme
n’ont guère évolué au cours des siècles. Le jeu des gobelets
connut un vif succès en entrant dans les salons de l’aristocratie.
L’abbé d’Olivet rapporte que Louis XIV fit un jour appeler
un célèbre joueur de gobelets dont la séance fit rire le Roi
Soleil du meilleur cœur. La " physique amusante"
devint très vite un divertissement de salon fort apprécié.
Le grand mouvement scientifique de l’époque aidant, nombre
d’illusionnistes prirent le titre de « physicien »,
en laissant croire qu’ils réalisaient des expériences scientifiques,
sans se prendre cependant trop au sérieux.
L’illusionnisme connut un égal succès dans toutes l’Europe.
En Allemagne, Goethe consacra un distique à un célèbre illusionniste
connu sous le nom de Philadelphia (1734-1795), que Schiller
nomme également dans l’une de ses œuvres. Mais ce n’est que
dans la seconde moitié du XIXème siècle que l’illusionnisme
se révéla être un art, ceci grâce au magicien français dont
le nom est maintenant vénéré par tous les magiciens du monde :
Jean-Eugène Robert-Houdin.
La fin du XIXème et le début du
XXème siècle marquent l’âge d’or de la prestidigitation. Les grands
artistes de cette époque étaient considérés, choyés, recherchés par
toutes les couches de la population. Leur popularité était comparable
à celle des grandes vedettes du cinéma actuel. Plus récemment cependant,
grâce à la télévision, l’illusionnisme est redevenu un art apprécié.
Siegfried and Roy, David Copperfield et Lance Burton sont actuellement
des superstars aux Etats-Unis, où ils présentent de grands spectacles,
avec disparition d’éléphants, de voitures, apparitions de tigres ou
de lions.
Les magiciens modernes se sont regroupés
et se retrouvent dans des clubs fermés. Pour en faire partie, il faut
passer un examen. Mais pour connaître les tours, il faut être initié.
Or, le magicien jure en entrant dans son club de ne jamais dévoiler
un truc. C’est donc la quadrature du cercle, car celui qui veut apprendre
doit forcément être aidé par un magicien. Ceci explique la création
récente de cours organisés par les clubs de magiciens. Les vrais amateurs
et les passionnés de magie sont très vite repérés et les imposteurs
bannis !
Quelques dates magiques
| 2700 av.J.C. |
Le papyrus Westcar (conservé
au Musée de Berlin) relate la séance de magie la plus
ancienne qui ait été donnée à titre de divertissement. |
| 1551 |
Reginald
Scott écrit le premier livre de magie en langue anglaise, Discovery
of Witchcraft. |
| 1584 |
Jean Prévost
publie un livre rassemblant des tours de magie. La première partie des
subtiles et plaisantes inventions. |
| 1735
|
Naissance
aux Etats-Unis de Jacob Meyer qui, sous le nom de Philadelphia, fut le
premier magicien américain connu en Europe. |
| 1750 |
Naissance
en Toscane de Jean-Joseph Pinetti. |
| 1793 |
Naissance à
Turin de Bartolomeo Bosco. |
| 1801 |
Naissance à
Vienne de Ludwig Doebler. |
| 1805 |
Naissance à Blois de Jean-Eugène Robert qui
devint Robert-Houdin |
| 1845 |
Robert Houdin
ouvre son théâtre. |
| 1856 |
Robert Houdin est envoyé
en Algérie pour éviter un conflit franco-algérien. |
| 1861 |
Naissance à Paris de Georges
Méliès. |
| 1862 |
Naissance à Genève
du Professeur Magicus (Adolphe Blind). |
| 1874 |
Naissance à Budapest de
Harry Houdini (Eric Weiss). |
| 1880 |
Naissance à St-Imier
de Borosko (Jules Sautebin). |
| 1939 |
Fondation du CMS, Cercle
Magique Suisse. |
| 1942 |
Fondation du CML, Club
des Magiciens de Lausanne. |
| 1943 |
Naissance à Nice
de Gérard Majax (Gérard Faier). |
| 1948 |
Fondation et 1er
Congrès FISM, Fédération Internationales des Sociétés
Magiques, à Lausanne. |
| 1956 |
Naissance aux Etats-Unis
de David Copperfield (David Kotkin). |
| 1969 |
Congrès CMS à
Lausanne. |
| 1977 |
Congrès CMS à
Montreux. |
| 1982 |
Congrès FISM
à Lausanne. |
| 1989 |
Congrès CMS à
Morges. |
| 1991 |
Congrès FISM
à Lausanne. |
| 1995 |
1er Gala
des Anneaux Magiques à Lausanne. |
| 1999 |
Congrès CMS à
Morges. |
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